Goethe et un de ses admirateurs,
« Enfin on avait réussi à ramener les morts à la vie ; ou, pour être plus précis : rappeler pour un court laps de temps des gens qui avaient subi lépreuve de leur première vie et de leur première mort
» Voici posé, dès le début, le principe selon lequel va sarticuler toute lintrigue de Goethe et un des ses admirateurs.
Dès le départ, tout est dit : Arno Schmidt (himself !) racontera sa rencontre avec Goethe (himself !) ressuscité pour quelques heures (du moins les minutes les plus intéressantes, car enfin comme le dit A.S ( (himself !) « De minuit à midi il ny a pas du tout « 1 Jour », mais « 1440 minutes », et parmi celles-ci il y en a tout au plus 50 dignes dintérêt ! ») Ne vous attendez donc pas ici aux inventions farfelues et dépaysantes dune certaine Littérature imaginative qui commence à Poe et finit à Tolkien, car comme Arno Schmidt dit lui-même « Insert : doù lon voit mieux quil sagit ici vraiment dun récit qui sen tient aux faits ; autrement, en tant que constructeur roublard de formes brèves, jaurais, cest garanti, évité, une si pénible répétition des mêmes motifs ! Mais ça, cest la théorie des autres, des « commis voyageurs en péripéties » ; chez moi il ne se passe rien par principe non pas que je serai un ennemi des catastrophes, oh non bah, cest égal -Mais alors !? Quel intérêt peut-on trouver à lire un livre, où il ne se passe rien ? dabord dire que dans les romans dArno Schmidt, lessentiel se passe dans la Langue, cet autodidacte (on le devine assez aisément maniaque) lui fait prendre des positions (inimaginables avant de les avoir lues), lui fait faire des acrobaties, qui ne correspondent à rien de déjà-vu. Ces livres sont les kamasoutras des Lettres. (Ce nest pas un hasard si larticle que lui consacre Richard Blin dans Le MDA sintitule La vie sexuelle des mots). Dire, aux lecteurs qui seraient réticents à avancer plus avant dans les livres dA.S, quil subsiste toujours une histoire finalement parsemée dune multitude déclats scintillants. Si la forme paraît rugueuse et difficile dans un premier temps (un livre, ça ne se pénètre pas comme ça, à sec)bientôt la manière si particulière qua A.S dagencer ses paragraphes vous semblera si familière que vous ny apporterez bientôt plus attention, ne nécessitera plus aucun effort, vous les lirez bientôt comme il sentend comme étant une multitude de tremplins. Comme A.S dit encore « Ma vie ?! : Ma vie nest pas un continuum ! (il nest pas que le jour et la nuit pour la diviser en fragments alternativement blancs et noirs ! Non, pas un continuum, certainement pas un continuum !: Ainsi court ma vie, ainsi mes souvenirs » et comment mieux rendre compte de cette discontinuité en vrac par un succession de petits chapitres (moins dune douzaine de lignes, dont les lignes inaugurales doivent rendre lélan (pour le saut), la « piqûre » qui précède linjection ) qui inter agissent comme autant de plans séquences, dont il reste au lecteur de faire le montage.
Lhistoire ? Oui, lhistoire, donc ! Comme indiqué plus haut, il sagit de la rencontre entre Goethe (Le Grand) et Arno Schmidt. Cela commence par quelques égarements, anecdotes, critiques au vitriol de lAcadémie des Lettres
A.S hésitera entre plusieurs autres interlocuteurs pour finir par choisir Goethe finalement (dont il maîtrise sans conteste lensemble de luvre jusquaux détails jusqu à la critiquer à certains endroits (à propos de lintertextualité notamment); en ce sens, il sera parfois difficile de suivre les deux A.S & G, mais puisque il ne nous est pas interdit de ne pas toujours suivre les deux A.S & G, nayons pas crainte de ne pas capter la totalité du récit, des alluvions-allusions lancés en vrac, il sagit pour nous den restituer au moins une vision globale, dy lire la toile que lon aura réussi à composer ). Les voilà donc tous deux à pérégriner, G ressuscité, et A.S son guide dans le Monde actuel : dans les bibliothèques ? Non ! « Nos Bibliothèques ? : sont détruites ! »
-où donc A.S emmène-til G ?
dans une librairie de livres anciens, en passant par la gare, évitent la rue Goethe . A.S le suit aux toilettes et ly décrit « dun côté cela lui semblait être désagréable ; dun autre cela ravivait visiblement ses relations avec la « vie sur Terre ». ce mélange de merde et de clair de lune qui nous caractérise si bien. », chez lui pour dîner, jallais oublié lépisode « Au Monoprix : (un jour au « Prisunic » ils navaient pas mes livres ; depuis je vais obstinément chez la concurrence ; qui me jettera la première pierre ?) » , où A.S lui décrit les escalators, les cabines téléphoniques
-De quoi parlent-ils ?
Il me semble vous en avoir déjà trop dit, Lisez Goethe et un de ses admirateurs, vous verrez comment A.S & G passent de la confrontation à la complicité (et alternativement). Combien A.S est joueur ! Faites vous en votre propre idée !